Mardi 10 avril 2007 2 10 04 2007 17:22

Il importe peu de commencer par écouter le second album d’Antony and the Johnsons, I Am a Bird Now, plutôt que de débuter par le premier opus éponyme. L’important est d’en venir à le découvrir. Enfin dignement distribué en France, ce dernier n’a pas eu à l’époque le succès escompté. « Antony and the Johnsons » n’est pourtant pas moins bon que I Am a Bird Now. Pas meilleur non plus. Mais tout aussi indispensable. L’enregistrement date de 1998 et la voix d’Antony est déjà toute aussi porteuse d’émotions. Une créature fragile et majestueuse. Qu’on a d’ailleurs du mal à rapprocher de quelqu’un, tant Antony s’est affirmé comme un des rares talents singuliers du moment.

Inspirées par la musique classique, les orchestrations d’Antony And The Johnsons sont somptueuses. Grand fan de musique soul (Nina Simone, Otis Redding ou encore Donny Hathaway), le chanteur a su avec une grande intelligence s’en imprégner, en la mêlant à ses propres sonorités. L’album regorge de morceaux splendides tels « Atrocities » ou encore « Blue angel ».

« Antony and the johnsons » fait partie de ces albums que l’on écoute d’une traite, sans jamais pouvoir arrêter un morceau en cours, comme possédés. Des plages telles que « Twilight » ou « Divine » sont tantôt dans la délicatesse, tantôt dans la montée en puissance. Et la magie opère. Une musique qui nous transporte littéralement. Des sons qui ne nous renvoient à aucune autre réalité que celle de la beauté que peut contenir certaines choses. Ici, la voix d’un chanteur, tout en finesse, en raffinement. Des paroles à tomber, des mélodies à couper le souffle. Reste à vous faire part de l’une de mes convictions profondes. Il ne suffit pas d’avoir un univers à soi pour être talentueux, mais dans le cas bien précis d’Antony, le talent a même dépassé cette réflexion. A la fin de l’écoute de l’album, plus aucune interrogation ne tient. Il ne reste qu’enchantement.

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Par Chloé Chovin - Publié dans : Chroniques musicales
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 13:47

L’ISF n’a plus la cote. Suivant une longue lignée de pays européens, la Suède vient de supprimer son impôt sur la fortune. Désormais, seuls quatre pays ont encore recours à ce type de taxation : l'Espagne, la Norvège, la Suisse et … la France. Enjeux et réflexions autour de la suppression de l’ISF en France.

Nous sommes en 2010. Suite à l’élection de Philippe de Villiers au poste de Président de la République il y a trois ans, beaucoup de choses ont changé en France. Parmi elles, une nouveauté. Bien qu’anecdotique face aux autres réformes qu’il a engagées, elle a son intérêt : l’ISF (Impôt sur la fortune) fait désormais partie du passé. La situation n’a d’ailleurs guère évolué depuis. Les expatriés fiscaux ne sont pas moins nombreux. Ils ont simplement donné d’autres motifs à leur départ. L’emploi et l’investissement n’ont pas été favorisés. Même les importantes manifestations engagées par l’extrême gauche ont fini par se dissiper.

Et si la réalité était simplement celle-ci ? Peut-être qu’au fond, supprimer l’ISF ne conduirait à aucun changement notable. Certes, le scénario villiériste n’est pas très probable mais les effets d’une disparition de l’ISF en France, celle précisément qu’il prône, ne seraient certainement pas très éloignés de ça. De création récente (1981), il n'a jamais vraiment réussi à trouver sa place dans le système fiscal français : supprimé cinq ans après avoir été créé, rétabli dès l'année suivante, il n'a jamais cessé d'être un sujet de discussions et de polémique.

D’ailleurs, malgré l'abondance des discussions au Parlement, on ne voit pas encore bien ce que l'on a voulu en faire. Au-delà de l'intention de faire contribuer les titulaires de gros patrimoines. Pour certains, il s’agissait de surtaxer les revenus du patrimoine, par rapport à ceux du travail. L’idée de compenser les faiblesses de l’impôt sur le revenu n’est en outre pas absente de l’esprit de certains partisans de l’ISF.

Un impôt chargé de symbole
L’ISF est aujourd’hui en ligne de mire, accusé de faire fuir les fortunes françaises. Pourtant, à y regarder de plus près, le phénomène est à relativiser. Selon le mensuel Alternatives Economiques, seules 659 personnes assujetties à l'impôt sur la fortune se seraient expatriées en 2005, dont la plupart sont des cadres dirigeants partis travailler à l'étranger. Côté montant en revanche, il apparaît que l'ISF a rapporté 4 milliards d'euros la même année, c'est à dire rien comparé à la TVA (129 milliards d'euros) et l'impôt sur le revenu (55 milliards d'euros).

Aujourd’hui, l’ISF a toutes les caractéristiques techniques du mauvais impôt : base étroite, effet de seuil, coût de recouvrement élevé, niches nombreuses, très peu rentable. Mais la charge symbolique de cet impôt est telle, et le débat est devenu tellement irrationnel sur ce sujet dans notre pays, que sa suppression semble être difficilement envisageable.

Dès lors, le choix est entre le vider de sa substance sans le supprimer, ou revenir à un impôt à assiette large et à taux très bas (François Bayrou, par exemple, propose un impôt sans exonérations au taux de un pour mille). Les candidats à la présidentielle y vont tous de leur idée. Essayer de le rendre plus efficace sans pour autant dénaturer le symbole de solidarité que l’on veut afficher en France. Un pari compliqué. Mais une aubaine pour les candidats qui voient ici le moyen d’afficher un peu plus leurs « qualités démagogiques ». Finalement, avec si peu d’incidence en terme fiscal, le point d’honneur que les hommes politiques se mettent à s’exprimer à ce sujet, frise parfois le ridicule. Lâchons du lest. La priorité n’est pas ici.

Par Chloé Chovin - Publié dans : Economie
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 13:30

Cette chronique pourrait s’apparenter pour moi à une rédaction dont la consigne serait très exactement : « Racontez le ou l’un des évènements les plus marquants de votre vie ». Si le fait d’écrire sur le concert de Bercy en novembre 2003 de Radiohead est pour moi une évidence, l’exercice n’en est pas plus aisé. Précisément parce qu’il n’y a pas de mots. Plutôt une multitude d’interrogations. Comment peut-on avoir une telle présence sur scène ? Comment peut-on dégager tant d’émotions ? Comment réussit-on à transporter son public dans un autre monde, loin, très loin de la réalité des choses ?

A cela je n’ai pas les réponses. Mais le constat est là. En pleine promotion de l’album « Hail to the thief », auquel j’ai déjà consacré une chronique, Thom Yorke et ses génies de musicien, ont tout naturellement ouvert le concert par la première chanson figurant sur l’album, « 2+2=5 ». Une merveille. Une montée en puissance incroyable que l’on connaissait en écoutant la chanson mais dont on prend toute l’ampleur lorsqu’elle est restituée sur scène. Les enchaînements sont magistraux. Tous les albums de Radiohead sont présents. Aucune fausse note, aucune déception. Les incontournables « Karma Police », « No surprises », « Paranoid android » ou encore « Creep » sont là. Et l’effet est inattendu. Des morceaux que pour ma part, j’ai du écouter une centaine de fois. Et pourtant, tout est redécouvert. Un « lucky » tout simplement magique, une version de « idiotheque » absolument sublime, avec un Thom Yorke possédé qui se nourrit de manière boulimique de la force que lui donne son public. Le spectacle prend fin avec « True love waits » tout en délicatesse, qui finit de nous achever devant tant de génie.

La voix de Thom Yorke, bouleversante, est à son zénith. Peu de groupes  peuvent se targuer de briller par une insolente constance dans le talent, qui ne déçoit jamais. Et c’est pourtant leur cas. Un souvenir inoubliable. En sortant du concert, les interrogations fusent. Elles finiront par se dissiper peu à peu avec le temps. Mais l’une d’entre elles demeure : Comment ?...

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Par Chloé Chovin - Publié dans : Chroniques musicales
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 00:00

Le second album d’Antony & The Johnsons, « I am a bird now », sorti au début de l’année 2005, peut s’envisager de deux manières. Soit l’on s’attarde sur l’incontournable personnalité et l’apparence du chanteur Antony dont la voix androgyne saisit dès le premier instant. Soit l’on choisit tout simplement de fermer les yeux pour ne plus se laisser bercer que par la singulière identité sonore de ce disque.

Mais les deux sont finalement indissociables. Car c’est au cœur de sa musique si envoûtante que la nature équivoque d’Antony trouve sa force et s’épanouit librement. Et ce de manière magistrale. « I am a bird now » est l’album d’un soulman androgyne explorant sur son piano des sonorités jusque là inconnues. De prestigieux invités se sont pressés pour participer au disque. Boy George vient chanter en duo sur You are my sister pour un résultat tout simplement magnifique. Lou Reed offre une rare apparition vocale et à la guitare sur le génial Fistfull of love. Devendra Banhart et Rufus Wainwright apportent eux aussi une discrète contribution vocale, renforçant encore le côté troublant des ballades magistrales figurant sur l’album. Mais même accompagné, Antony reste cet être unique, singulier, au talent indéniable, qui ose afficher sa sensibilité à fleur de peau sans jamais tomber dans le pathétique. Et c’est cela qui fait sa force.

Dotée d’un vibrato incroyablement bouleversant, sa voix se répand sans fausses notes. Une élégance hors du commun, alliée à la douceur du piano, de l'orgue, des cuivres et des cordes. La musique d’Antony est alors tout à la fois. Quelque chose d’affirmé et de sensible, de fort et de fragile en même temps, qui donne à l’album cette singularité si enthousiasmante.

Je ne vois plus grand-chose à ajouter. Aux réfractaires qui se plaindraient d’un trop plein de mélancolie, je répondrais simplement qu’elle a définitivement du bon si elle permet de produire une telle merveille…

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Par Chloé Chovin - Publié dans : Chroniques musicales
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 03 2007 00:08

Haro sur les fumeurs ! Depuis le 1er février dernier, en application du décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006, l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics est en partie effective. Il faudra attendre janvier 2008 pour voir cette mesure s’étendre aux cafés, restaurants et discothèques. L’occasion de revenir sur les différences entre législations anti-tabac au sein de l’Europe. Si certains pays comme l’Irlande et l’Italie ont d’ores et déjà prohibé la consommation de cigarettes dans les lieux publics, la France reste à la traîne. Et pourtant il est loin le temps où il était autorisé de fumer dans les cinémas ou sur les plateaux de télévision. Les mentalités ont changé. Il est désormais acquis que le tabac tue. Pas moins de 60 000 morts chaque année en France sans compter les 5000 liés au tabagisme passif. Des chiffres qui, s’ils font froids dans le dos, n’en restent pas moins révélateurs d’une filière du tabac encore florissante. Du petit producteur vénézuélien aux dirigeants de Philip Morris : à qui profite réellement le crime ? A coup sûr aux cigarettiers qui ne manquent pas d’ingéniosité quand il s’agit de promouvoir leurs produits : de la cigarette parfumée au mécénat en passant par la contrebande orchestrée, tout est fait pour rendre accros nos concitoyens. Rien d’étonnant alors à voir se multiplier les méthodes pour arrêter de fumer, des substituts nicotiniques aux pilules censées « couper l’envie de fumer », en passant par différents types d’accompagnements psychologiques. La cigarette, une addiction lourde qui ne peut désormais plus être prise à la légère.

Par Chloé Chovin - Publié dans : Société
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 03 2007 19:56

A découvrir ou à redécouvrirThe Decemberists, groupe formé de cinq musiciens, est mené de front par le talentueux Colin Meloy. Leur premier album ‘Castaways and cutouts’ est tout simplement une réussite, loin des premiers opus expérimentaux de certains groupes encore en recherche de style. Forts d’un savoir-faire mélodique et de nombreux arrangements dignes de groupes tels que Belle & Sebastian ou encore les Bright Eyes, ces cinq là se sont bien trouvés, et dès le début.  Une œuvre dense qui possède en outre une réelle valeur littéraire, avec des textes magnifiquement écrits et arrangés, tous porteurs d’une histoire.

Le groupe, fondé à Portland dans l’Oregon, est composé, outre son génial songwriter qui s’occupe aussi des guitares et de quelques percussions, de Jenny Conlee au piano et accordéon, Chris Funk à la guitare et theremin, Ezra Holbrook à la batterie et secondes voix, ainsi que Nate Query à la basse.

Le maître mot de ce premier album pourrait être la diversité musicale. Mais tout est définitivement bien pesé et l’équilibre se révèle être parfait. L’album s’ouvre sur ‘Leslie Anne Levine’, un morceau qui séduit dès le premier instant et durablement. Le récit tragique d’un enfant né et mort quelques heures plus tard. Des arrangements superbes. Vient ensuite un ‘july, july!’ un peu plus rock’n’roll qui ravira les plus traditionalistes. En fin de disque ‘The Legionnaire’s lament’ est un morceau riche, festif et habité. L’album prend fin avec deux morceaux enchaînés sur une seule plage : ‘California One’ & ‘Youth and Beauty Brigade’. Le premier renoue avec l’accessibilité pop des premiers morceaux de l’album. Une pure merveille. On glisse alors délicatement vers ‘Youth and Beauty Brigade’, sans doute le morceau le plus exubérant et intense du disque.

The Decemberists signe ici un opus résolument pop où viennent se greffer folk, rock et ceci avec des instrumentations atypiques à l'aide d’accordéons ou encore de piano. Si l’album est plutôt passé inaperçu au moment de sa sortie, il s’est vu réédité en 2003 pour être désormais disponible dans toute l’Europe. Cette chronique me fait alors avoir un doux rêve… Celui de donner à cet album l’importance qu’il mérite. Il ne s’agit pas ici de se perdre en long discours pour tenter de vous convaincre. Juste de vous sensibiliser à quelques aspects qui me semblent incontournables dans "Castaways and cutouts". Un disque magique, empli de subtilités et d'émotions, un univers onirique hors du commun pour une musique qui vous transporte. Alors sans parler d'une révolution, libre à vous de passer à côté de ce que l’on peut aisément qualifier « d’expérience musicale».

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Par Chloé Chovin - Publié dans : Chroniques musicales
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 03 2007 19:07

Il est des groupes dont on sait dès le début qu’ils marqueront l’Histoire. J’ai toute conscience ici de ne pas être objective (l’essentiel est de le reconnaître!) puisque Radiohead est pour moi, le groupe de rock légendaire par excellence de ces dix dernières années.

Sous un titre aux allants provocateurs (visant Georges W. Bush et les déboires des élections primaires américaines), se cache l’album Hail to the thief (en français, « Gloire au voleur ») du groupe mythique d’Oxford, sorti début 2003. Le sixième d’un parcours sans fausses notes. Ce dernier reste dans les voies tracées par Kid A et Amnesiac mais opère néanmoins un rapprochement vers les premiers opus du groupe tel Ok Computer.

L'album se veut varié, recherché et envoûtant. Les cinq anglais ont intégré leurs recherches électroniques à leur génial songwriting. La technologie est toujours présente, mais les guitares acoustiques et électriques sont revenues. Le single 2+2=5 qui ouvre l’album nous transporte. Un chef-d’oeuvre d’intensité. Tantôt délicate, tantôt déchirante, la voix de Thom Yorke ne fait qu’exacerber les sentiments délivrés par la musique. Elle prend toute sa mesure aussi bien dans les envolées électriques avec Where I End And You Begin, que dans les harmonies de I will. Le morceau de clôture, A wolf at the door, ne nous laisse plus vraiment de chance de ne pas qualifier les membres du groupe de « génies », tant la mélodie, le rythme et la voix du leader sont bouleversants.

Pour avoir eu la chance d’assister à plusieurs de leurs concerts, la musique de Radiohead, tout à la fois ample et intimiste, s’exprime comme jamais en public et c’est à mon sens, ici qu’elle prend toute sa dimension. Produire une musique si complexe tant par la mélodie que par les paroles et réussir à en restituer toute la quintessence sur scène, voilà encore une performance de ces géants. Que dire de plus. Un prochain album se profile à l’horizon 2007. Les irréductibles du groupe sont habitués à ce que Radiohead recule les dates de ses sorties d’albums. Espérons juste que cette fois, l’attente ne sera pas trop longue…

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Par Chloé Chovin - Publié dans : Chroniques musicales
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Jeudi 1 mars 2007 4 01 03 2007 15:47

Cinq ans après son arrivée dans les porte-monnaie de douze pays de l'Union européenne, l'euro est aujourd’hui associé de manière quasi-systématique à inflation et baisse du pouvoir d’achat. Un procès discutable.

« Tout est devenu plus cher qu’avant » se plaint Jean-Pierre, patron d’un café parisien. Avant quoi ? « Avant l’euro bien sûr ». L’homme est catégorique : « mon pouvoir d’achat a diminué ». Tout y passe, à commencer par le souvenir de sa baguette de pain qu’il payait 2,20 francs dans les années 90, 4 francs en 2001 et qui est aujourd’hui à 0,84 euro (soit 5,51 francs). Soit 39,5% d’augmentation en cinq ans. Et pour Jean-Pierre, il est tout simplement naturel d’accuser l’euro.

Et il n’est pas le seul. Selon un sondage TNS Sofres réalisé pour l’hebdomadaire Pèlerin à la fin décembre 2006, 52% des Français estiment que « la monnaie unique a été une mauvaise chose pour la France en général » contre 45% en décembre 2003. L’euro est bel et bien au banc des accusés. Les Français sont 94% à estimer que son adoption a eu pour conséquence une hausse des prix.

Qu’en est-il dans les faits ? Selon l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Insee, les prix ont augmenté de 11% depuis le 1er janvier 2002. Une hausse qui semble conséquente. De nombreux commerçants ont en effet profité du passage à la monnaie unique pour arrondir au centime supérieur leurs prix affichés. Impression d’appauvrissement, de devoir se rationner sur certains produits. Et pourtant, cette augmentation n’est pas significative. Elle ne correspond finalement qu’à une inflation annuelle de 1,6% en 2006, soit un taux qui n’a jamais été aussi bas depuis 2001.

Le décalage entre inflation officielle et hausse des prix perçue par les Français est donc profond. D’autant plus que, selon l’Insee, le pouvoir d’achat des Français est en augmentation constante depuis 1999 (introduction de l’euro sur les marchés bancaires et financiers), et même depuis 2002 (naissance de l’euro sous forme de billets et de pièces). L’institut déclare qu’il a augmenté de 3% en 2002 et de 1,6% en 2004. Et le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie enfonce encore un peu plus le clou. Le pouvoir d’achat aurait augmenté de 2,4% en masse en 2006.

L’inflation généralisée liée à l’euro est donc largement subjective. Le secteur de l’informatique et de la Hi-fi ont vu leur prix s’écrouler, ayant par la même un effet positif sur le budget des ménages. Un écran plasma ou un lecteur DVD est aujourd’hui huit fois moins cher qu’à la fin 2001. Rien d’étonnant alors à ce que de nombreux consommateurs aient depuis le passage à l’euro opéré une redistribution de leurs dépenses : moins pour l’alimentaire mais davantage pour l’informatique et la téléphonie, produits et services qui parviennent à s’imposer comme les « moins chers ». Le « sentiment d’appauvrissement » que 43% des sondés affirment ressentir, semble donc provenir plus de l’apparition de nouveaux besoins que d’une augmentation de leurs dépenses au quotidien.

Toujours est-il que l’euro a été d’emblée pris pour le bouc émissaire idéal. Et personne n’a pris sa défense. Au cours de ces derniers mois, les ténors politiques ont été particulièrement nombreux – de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en passant par Dominique de Villepin- à l’accuser d’à peu près tout. Rien alors qui n’ait conduit les Français à penser autrement. Jusque très récemment. L’Insee vient en effet de lancer un calculateur personnalisé d’inflation qui permet à chaque Français de simuler sur Internet son propre indice des prix, adapté à sa structure de consommation. Sans doute une prise de conscience des pouvoirs publics de la nécessité de réduire le décalage persistant entre impression et réalité dans la tête des Français. Une idée qui a fait grand bruit. Et pour cause. Elle signe peut-être la fin des interminables polémiques suscitées chaque mois autour de la publication de l’IPC. En collant au plus près aux dépenses de chaque ménage, ce dispositif pourrait par la même permettre aux Français de se réconcilier avec leur monnaie unique, et qui sait, de ne bientôt plus en faire leur systématique tête de turc.

Par Chloé Chovin - Publié dans : Economie
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Mercredi 28 février 2007 3 28 02 2007 15:47

L'Insee a lancé mardi 27 février un calculateur pour permettre à chaque Français de simuler sur Internet son propre indice de prix, en fonction de sa structure de consommation. Une réponse aux critiques faite à l’encontre de l'indice des prix officiel.

Les interminables polémiques suscitées chaque mois autour de la publication de l'indice des prix à la consommation (IPC) par l'Insee pourraient bien s’arrêter. En effet, chaque Français pourra désormais calculer son propre indice des prix, grâce au calculateur personnalisé d’inflation proposé par l’Insee. Ce dernier tient compte non seulement des revenus de chacun, mais aussi de la structure de consommation et du statut de propriétaire ou de locataire.

Dominique de Villepin s'était prononcé à la fin de l'année dernière en faveur d'un nouvel indice des prix à la consommation "retraçant mieux les dépenses contraintes" des ménages, en particulier le logement, l'énergie, l'eau, le téléphone et de services de communication. Et ce n’est pas tout. Nicolas Sarkozy avait estimé fin novembre que l'indice des prix devait être modifié pour ne pas refléter « la réalité de la hausse des prix au quotidien », tandis que Ségolène Royal proposait dans son "Pacte présidentiel" la création de plusieurs indices des prix différents, selon les revenus.

Un IPC personnalisé
Le nouvel outil, disponible sur le site de l'Insee permet d'appréhender la situation de chacun, en proposant un IPC personnalisé, à comparer avec l'indice officiel pour voir si l'on est au dessus ou en dessous de l'inflation moyenne. Pour opérer ce calcul, il convient d'avoir une idée assez précise de la répartition de ses dépenses. Une fois sur le site, il faut entrer le poids des dépenses consacrées à plusieurs postes importants comme le loyer, l’alimentation ou encore l’habillement. A l'arrivée, les hausses de prix varient beaucoup d'un poste à l'autre: si le tabac, les loyers, l'essence et le gaz ont beaucoup augmenté ces dernières années, l'habillement, l'électricité, le secteur de la santé, les automobiles ont connu une inflation inférieure à la moyenne.

Pour l'Insee, ces variations expliqueraient le décalage entre inflation officielle et hausse des prix perçue par les Français. Les ménages se focalisent sur certains postes, tel l'alimentaire, dont les prix ont augmenté, et ne remarquent plus ceux dont les étiquettes baissent, tels que les produits du secteur high-tech. Cet instrument que l’Insee considère comme étant "pédagogique" reste cependant difficile à manier pour le quidam. Il s’agirait donc davantage d’une manière d’alimenter un peu plus le débat présidentiel.

Par Chloé Chovin - Publié dans : Economie
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Jeudi 22 février 2007 4 22 02 2007 17:04

Abécédaire et cætera

CHLOE CHOVIN

Un petit choix de mots qui j'espère en dira plus qu'un long discours.

Ambitieuse... car caresse la folle idée de voir son nom inscrit en bas de l'éditorial du Monde...

Curieuse... car guidée depuis toujours par une soif intarissable de connaissances, une manière quasi- boulimique de se nourrir de l'actualité à la télévision, la radio ou encore la presse écrite.

Etudiante... en Master 2 professionnel «Information et journalisme économique» à Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Titulaire d'une licence «Analyse et politique économiques», a souhaité mettre en perspective ses connaissances en intégrant par la suite le master 1 «Théories, histoire et méthodes de l'économie» dans la même université.

Journal... une expérience très enrichissante au Figaro Magazine. Un mois pour se familiariser avec le fonctionnement d'une rédaction, les techniques d'écriture mais aussi de celles d'une enquête prise en amont, avec tout ce qu'elle implique. A notamment travaillé sur des thèmes aussi vastes que l'euro et le réchauffement climatique.

Littérature... car l'une de ses principales passions. Voyage au bout de la nuit de Céline, Le temps retrouvé de Marcel Proust, Enfance de Nathalie Sarraute, L'écume des jours de Boris Vian. Autant de livres qui chacun à leur manière, font écho à des étapes de sa vie, des visions qui évoluent, des désirs et aspirations qui changent.

Musique... car passionnée de rock indé et de musique électro. Ecrit régulièrement des chroniques musicales sur le site etudiantaparis.com. Certaines seront disponibles sur ce blog.

Politique... car a toujours aimé pouvoir mettre en regard ses connaissances économiques avec l'actualité politique. Vous trouverez souvent sur ce blog des allusions au domaine politique. Et pour cause...

Rédiger... car quelque chose d'instinctif. L'amour des mots, de la langue. Ne partir de rien pour arriver à un papier mis en forme. Le pouvoir créateur de l'écriture. Aime à citer Paul Claudel, pour qui "l'écriture a ceci de merveilleux qu'elle parle".

Web... car fait résolument partie de la génération Internet. Bien que définitivement charmée par le support papier, une expérience dans une rédaction web l'intéresse vivement.

Par Chloé Chovin - Publié dans : La vie du blog
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